«Si tu n'arrives pas
à rêver ta vie alors
la mort rêvera de toi.»
PARTIE I
Seize juillet 2009
«Réveillé par leur disputes matinales, je m'extirpai doucement de mon lit et me mis debout, emporté par le rythme des cries. La vie m'avait été donné comme tout à chacun sans que je puisse décliner ce cadeau empoisonné. Mes parents hurlaient continuellement, il suffisait qu'ils se retrouvent dans la même pièce pour se crier dessus. Je ne m'interposai jamais même si je savais que mon père était d'un naturel violent. Qu'il la tue, la maison n'en sera que plus calme! Ils ne m'ont jamais montré qu'ils m'accordaient un peu de tendresse, de toute manière moi non plus. Je jugeai ce genre de sentiment inutile au bien fondé de la société. Pour vivre nous n'avions pas besoin de tant de complications. J'étais certes leur fils de sang mais je ne signifiais rien à leurs yeux. Juste une miette de pain qui traîne après le repas, de la poussière qui s'incruste sur les étagères, un infime morceaux d'être humain. D'ailleurs, je ne passai guère de temps à sillonner les couloirs de cette maison si grande et désordonnée, sale et morbide, je sortais toujours,. Le trois quart du temps, je séchai les cours, seul, comme à mon habitude et j'aillai détruire ce qu'il me restait de vie. Je brûlai mes poumons à vif en fumant ces drogues. Je le savais clairement mais j'oubliai ce dont je n'étais pas fière, j'oubliai leur cries, leur dispute, j'oubliai même quelques fois mon nom. Les seuls passages de ma vie emplis de bonheur étaient ceux où je m'efforçais d'en détruire les heures. Ma vie était maintenue en équilibre sur un fil, un fil très fin, un basculement et je sombrai. Les professeurs devenaient fous quand je venais en cours, ils disaient tous que j'étais sûrement intelligent mais à cause mon manque de présence, il n'avait pas pu m'évaluer réellement. Mes parents n'en avaient rien à faire. Quant à moi, je m'en fichais si royalement que même le personnel du lycée ne faisait plus rien pour moi. C'était vraiment trop tard pour rénover l'épave que j'étais. Quand ma fréquence d'absence était infime, je restais seul. Assis dans un coin, cela m'avait valut le surnom du « Solitaire » au lycée. Un sobriquet qui s'harmonisait bien avec ma personnalité. J'aimais la solitude, le silence qu'elle offrait était si plaisant. Les gens qui venaient vers moi repartaient aussitôt, les jambes à leur cou avec une seule idée en tête: s'éloigner le plus rapidement possible de l'être ténébreux que je m'évertuai à arborer. Je n'avais nullement besoin de leur incapacité. La suffisance dont je faisais preuve était souvent mal interprétée mais l'avis d'incultes personnages n'était pas constructif. Je repensai à tout ces détails qui faisait de ma vie un champ de bataille. Oui, j'y repensai car c'était la dernière fois que je le pouvais. Je ferais cela, ici même, dans ma salle d'eau. Un jour ordinaire pour certains s'était levé alors que pour moi c'était la fin. J'avais déjà trop vécu, pourquoi avais-je attendu si longtemps avant d'y songer?»
# Un avis ?
# Des questions ?